Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tout deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leurs pas
Que l'un fût de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe Qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
A la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Murisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites Flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
LOUIS ARAGON
Marie-Christine et moi , Jean-Yves , sommes mariés depuis , bientôt , 39 ans . Nous nous sommes peu quittés pendant toutes ces années. En effet , nous avons partagé 32 ans d'activité professionnelle au sein de notre officine pharmaceutique. Nous y avons, sans doute, acquis là les quelques clés nécessaires à la bonne entente pour ces marches au long cours. Les moments de réelle liberté étaient rares , et, quand en 2013 la porte du temps s'est ouverte pour nous c'est avec avidité que nous l'avons franchie pour mieux profiter de tous les instants de cette nouvelle temporalité.
Pour cela le voyage à pied nous convient parfaitement . Régulièrement l'envie de partir se fait sentir ,l'envie d'ailleurs, de recul , de simplicité et de rencontre dans un monde pas aussi mauvais qu'on veut bien nous le dire.
C'est ainsi que , partant de chez nous à Larmor plage , nous avons rejoint en marchant Venise en 2013, puis le Portugal et l'Andalousie (Palos de la Frontera) en 2014 et parcouru ,en 2015,le bout de chemin qui nous manquait(depuis Burgos)pour atteindre St Jacques de Compostelle.
Après nous être dirigés vers l'est,le sud,puis l'ouest nous prendrons cette fois une route du nord.
